04 juin 2018

GROS EFFORT SUR LE TRANSPORT

ARTICLE PARU DANS LE JOURNAL SUD-OUEST – Vendredi 25 mai 2018

Bernard Trémont, entrepreneur à Pomarez, travaille depuis deux ans avec les transports Mousset, poids lourd national du transport d’animaux vivants (lire ci-contre). Il s’est associé à parts égales avec cette société vendéenne, pour ce qui concerne sa filiale Transport Trémont. Pour l’instant, la société est autonome, avec ses 25 poids lourds et ses 30 salariés, sa propre station de lavage et de désinfection des camions avant chaque chargement de volailles. « Nous sommes restés équipés des cages en résine, dit cet homme passion-né de rugby (il a été joueur et diri-geant de l’US Dax, NDLR), parce que cela correspond à la façon de travailler de nos clients (Lafitte Foie gras, Sanders, Foie gras de Chalosse, Coppac, etc.). Mais nous avons adopté l’organisation du groupe Mousset à propos des nouvelles normes de biosécurité, notamment en utilisant des camions dédiés. »

« Cour de ferme »
C’est en effet la formule adoptée par cette entreprise, spécialisée dans le transport « en cour de ferme ». « Nous avons systématisé ce principe de camions dédiés, explique Frédéric Leblanc, le PDG du groupe Mousset. Une partie de nos engins ne transportent que des canards gras, de chez le gaveur vers la salle d’abattage. L’autre partie étant exclusivement réservée aux canards prêts à gaver, pour ne pas mélanger les deux branches de la filière. Quant aux véhicules, ils sont tous équipés d’un système de désinfection embarqué unique, que l’on peut manipuler depuis la cabine, pour pulvériser entièrement roues et châssis. » Ce qui est moins contraignant pour le conducteur, lui fait gagner du temps et supprime son exposition aux produits chimiques. De plus, il y a une station de lavage de ces véhicules par région du groupe Mousset (Bretagne, Vendée, Sud-Ouest – à Mugron – et centre de la France). « Cette formule d’industrialisation du transport et du nettoyage a été mise en place depuis plusieurs années dans le Val-de-Loire, dit M. Leblanc, ce qui peut expliquer pourquoi cette région n’a pas été touchée par les crises. Nous avons beaucoup investi, dans le matériel (5 millions d’euros pour le parc de camions de transport de canards, 2 millions pour les stations de lavage) et dans la formation des hommes. On n’a pas le choix désormais, il faut respecter les process industriels mis en place et ne pas accepter de travailler avec ceux qui ne jouent pas le jeu. Il y va de l’avenir de la filière. » Le partage à 50-50 Localement, le groupe Mousset a aussi signé une joint-venture avec les sociétés Delpeyrat et MVVH (Maïsadour, Vivadour, Val de Sèvre holding) pour sécuriser au maximum la relation de tranport d’animaux vifs de la filière palmipède. Ce qui a donné Also (Alliance Logistique Sud-Ouest). « Comme les autres, c’est une société bâtie en commun, explique Frédéric Leblanc, toujours à 50-50. Nous apportons le savoir-faire, mais l’actionnariat et la structure juridique sont partagés. » Les camions de prêt à gaver sont des conteneurs monobloc en inox, de 16 à 18 mètres de long et 4 mètres de hauteur, et les parcs sont séparés, à Mugron pour les Landes et Vic-Fezensac pour le Gers. Pour les canards gras, le parc est nettoyé à Gibret et Saint-Sever. Bernard Trémont, qui n’est plus très loin de la retraite, a songé à sa succession, notamment au profit de sa fille Caroline, qui est déjà dans la société. « Quand je me retirerai, je me suis engagé à vendre mes parts de la société Transport Trémont au groupe Mousset », dit-il. Mais les deux autres filiales de la holding, la Plume de Pomarez et TreFroid (stockage et transport de produits congelés pour conserveurs de foie gras) resteront dans ses mains.

En photo : Bernard Trémont et sa fille Caroline,
du groupe de transport installé à Pomarez