29 novembre 2016

INTERVIEW Fabrice HÉGRON, producteur laitier à Montbert (44) En Direct Des Eleveurs

Fabrice Hegron, quelle est l’origine de votre projet?

C’est un ras-le-bol de nos conditions d’exercice! Le monde agricole bouge, évolue et les exploitations laitières aussi. Le nombre d’exploitations a été divisé en deux en 15 ans, la production de chaque exploitation a donc plus que doublé pour répondre aux besoins et cette industrialisation s’est malheureusement faite au détriment de la qualité du lait – les animaux étant beaucoup nourris au maïs, au soja et à l’huile de palme avec OGM. Ajoutez à cela les baisses des subventions européennes et nationales et vous obtenez des exploitations qui ne sont plus rentables.
Nous avons donc décidé de mettre en place un nouveau schéma, sur le principe du circuit court, nous permettant de maîtriser la chaîne de A à Z : de la production, en passant par la transformation dans notre propre laiterie, jusqu’à la vente au consommateur.

Combien de temps avez-vous mis à monter votre projet ?

Notre projet s’est construit en plusieurs étapes. Début 2011, nous avons d’abord créé un groupement de producteurs de Vendée/Loire-Atlantique et de Poitou-Charentes. Nous avons par la suite mené notre étude : coûts et besoins des consommateurs. C’est d’ailleurs à ce moment-là que nous avons rencontré votre filiale LORALAIT pour l’étude de la partie transport. Puis nous avons fait appel à différents types de financements, dont un financement participatif, pour réunir les huit millions d’euros nécessaires. En décembre 2015, les premiers coups de pelleteuse ont été donnés à la laiterie de Rémouillé (44). Les consommateurs peuvent trouver nos produits dans les grandes surfaces depuis août dernier.

Comment votre produit se démarque-t’il des autres marques ?

Notre produit est :

100% traçable : grâce à un QR Code sur l’emballage le consommateur peut connaître le producteur du lait qu’il boit, 100% recyclable : notre emballage est plus léger que le carton, demande moins d’eau à la fabrication et, vide, est plat comme une enveloppe.

Il répond à la demande du consommateur : acheter un produit de qualité – notre lait est collecté en 48h et transformé dans les 2 heures contre 72h au total chez un industriel – au juste prix.

Votre projet a également permis la création d’emplois ?

Aujourd’hui, nous employons à la laiterie sept personnes à temps plein et une à temps partiel. 5 autres personnes sont prévues pour la fin de l’année et nous prévoyons d’employer au total une vingtaine de personnes dans un horizon proche. Nous contribuons également à créer des emplois dans le bassin local chez nos distributeurs mais aussi chez vous, LORALAIT.

80% du prix du litre du lait En Direct des Eleveurs fait vivre des personnes au niveau local et nous en sommes très fiers !

Quelles sont vos perspectives de développement ?

Nous avions prévu de distribuer 2% des volumes de lait de la région. En réalité, nous en sommes aujourd’hui à 12%. Notre projet est soutenu depuis le début par les magasins E. Leclerc et système U qui sont nos distributeurs. Nous répondons actuellement à la demande d’une centaine de magasins U sur la Vendée et notre gamme va s’élargir avec l’arrivée de notre crème fraîche et de notre beurre.

Nous pouvons également mettre en place des partenariats avec les comité d’entreprise, les cantines, les hôpitaux, les boulangeries…

Que pouvons-nous vous souhaiter ?

De belles années devant nous !

Le consommateur, aujourd’hui, est en recherche d’un produit le plus naturel possible à un prix cohérent. Les grandes surfaces l’ont bien compris et surfent sur cette vague. On voit de plus en plus, de rayons «artisanaux» avec, par exemple, une  boulangerie où le pain est fabriqué sur place. Nous avons notre place dans ces magasins et nous comptons bien l’occuper !

Photo : Sébastien DELAUBNAY, Responsable LORALAIT et Fabriche HÉGRON, Président EN DIRECT DES ÉLEVEURS

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